
Après plus de 30 heures de navigation depuis Kavieng, l’équipe médicale de l’association calédonienne Aidocean pose enfin le pied à terre. C’est aux îles Tanga que les dix soignants, papouasiens et calédoniens, ont débuté ce lundi les premières consultations de leur mission, la cinquième en Papouasie depuis la création de l’association. Leur objectif : faciliter l’accès aux soins pour les populations les plus isolées.
Ils ont d’abord suscité la curiosité, puis une véritable effervescence. Au cœur du village de Matentait, dans les îles Tanga, les habitants se rassemblent en nombre pour consulter les soignants d’Aidocean. À plus de deux heures en banana boat de l’hôpital le plus proche, en Nouvelle-Irlande, l’accès au suivi médical demeure limité.
Anastasia, 26 ans, est l’une des premières patientes auscultées par l’équipe. La demande de cette maman de deux enfants : la pose d’un implant contraceptif. « Ici, les femmes accouchent puis tombent à nouveau enceintes très rapidement. Je souhaite espacer les naissances », confie-t-elle.

Pour la sage-femme calédonienne Dorothée Stoupy, chaque prise en charge doit s’adapter aux réalités locales.
« Il faut prendre en compte l’isolement de ce village. On sait que ces patients n’auront pas accès à des soins avant longtemps, donc on leur donne un maximum de conseils et d’informations », explique-t-elle.
Cette capacité d’adaptation est aussi essentielle pour le dentiste Musangu Kanus, bien loin de son cabinet à Kavieng, en Nouvelle-Irlande.
« Il n’y a pas beaucoup de lumière ici et, faute de fauteuil adapté, je dois demander aux patients de mettre la tête très en arrière », raconte-t-elle.
À quelques mètres de là, l’équipe vaccination s’active sans relâche.
« On vaccine contre la poliomyélite pour protéger les enfants. On en a déjà fait une vingtaine », précise l’infirmier papouasien Job Auguste.

Pour réaliser les autres actes médicaux, les membres d’Aidocean ont été installés dans ce faré situé derrière la maison des femmes du village. La file de patients s’allonge : des hommes, femmes et enfants qui souffrent souvent de nombreux problèmes de peau, comme l’explique Marine Bayer, infirmière et présidente de l’association Aidocean.
« Par exemple, le jeune homme derrière moi a la teigne. D’autres ont des infections fongiques, etc. Nous avons avec nous quelques médicaments et des crèmes, mais je pense que nous ne pourrons pas fournir tous les traitements nécessaires aujourd’hui, donc nous reviendrons demain matin. »
L’équipe poursuit ses interventions cette semaine aux îles Tanga avant de reprendre la mer pour sa prochaine étape, aux Feni Islands.
Un reportage à découvrir en vidéo en cliquant sur ce lien.